Freeride : les joies de l’organisation

Vous le savez peut-être déjà, avec les copains d’Antibes Longskate, on organise un événement de chevauchée libre sur un col de montagne au mois de juillet. Oui, freeride ça ne se dit plus, c’est trop 2012. Cela fait donc plusieurs mois qu’on se motive à tout prévoir, tout imaginer et tout calculer pour que ça soit au point pendant 2 jours. Évidement nous ne sommes pas les premiers à le faire, on est pas là pour s’envoyer des fleurs mais je vais quand même vous raconter, ça vous donnera peut-être envie !

freeride-et-chamallows

Comme toute bonne histoire ça commence autour d’un feu de bois. A ce moment là, tu es décontracté, tu te laisses envahir par les effluves de merguez et ton esprit est libre comme l’air. Franchement les gars y’a trop moyen, on s’organise un peu, toi tu fais ci, toi tu fais ça. Pour le spot, y’a le col du Bouc, j’ai mon cousin, c’est le fils du maire. Moi j’ai un pote graphiste pour nous faire des affiches, on pourrait faire un truc avec des bidules et des machins ça péterai trop. Moi je m’occupe de la soirée, j’ai un collègue qui mixe, il a installé Youtube sur sa platine MP3 : gros son!
Bref, organiser un event, c’est eeeasy.

En vérité, tout n’est pas si facile.

Bon, rien d’insurmontable hein, faut juste un peu de motivation.

poule-mirage-2000-decollage

La première étape est certainement la plus difficile. C’est le décollage, le passage du rêve à la réalité. La plupart des projets ne passent jamais cette étape. Les raisons en sont multiples, mais on peut les résumer globalement en 4 mots : nous sommes des skateurs.

A ce stade, tout ne tient qu’à un fil. Pour que le projet démarre, c’est comme en mécanique : il faut une étincelle. Donc, cherchez cette étincelle ou provoquez-là par n’importe quel moyen et vous aurez fait une bonne partie du travail. Untel est au chômage et a plein d’énergie ; machin connait vraiment le fils du maire qui a eu un cruiser à Noël ; Jean-Dylan doit faire son projet de fin d’étude etc.
Bon, évidement, la plupart du temps, dans l’asso, le moteur, c’est le daron. Celui qui a une famille, un boulot à son compte, qui est impliqué dans trois autres activités et dont les journées durent 35h.
Généralement il ne faut pas se le cacher, après l’euphorie autour du feu, ça ne tient donc plus qu’à une seule personne et à quelques vagues promesses. Puis, au fur et à mesure, de l’avancée du projet, l’équipe se construit. Bon parfois, c’est une vraie équipe. Parfois c’est la même personne qui se paie tout le taf.

En tout cas, on passe par de vrais moments de plaisir et d’amour du système : qui n’a jamais rêvé d’écrire des courriers à la préfecture, de remplir des dossiers de subvention imbitables ou de se payer des réunions de trois plombes ? Je plaisante, mais même dans ce genre de tâche, on arrive à rester motivé, parce qu’on se sert les coudes et qu’on sait qu’au bout du tunnel de paperasse, se trouve l’événement tant attendu.

Au delà de ça, évidement, on vit quand même des petits moments d’excitation et de motivation inespérés. On se surprend même à donner du Monsieur aux officiels et les veuillez recevoir l’expression de mon big up finissent par sortir tout seul à la fin des courriers. On s’amuse à réfléchir à un concept innovant, à un nom rigolo ou à dessiner des affiches sur des bouts de nappe en papier. Bref, on rêve son événement parfait, on passe des heures à discuter, à s’échanger des mails, des coups de fil. En fait, c’est surtout un moyen de se donner un but à atteindre, un objectif qui fait plaisir et qui occupe bien les jours de pluie. Si vous êtes Breton, ne faites pas attention à la fin de cette phrase, elle ne vous est pas destinée. KENAVO !

Donc, je vous encourage à faire un tour sur le site web et la page Facebook du Bomb Hard Freeride. (Nous sommes actuellement en attente d’une information importante, donc nous avons du repousser un peu les inscriptions. Mais ça se fera. Nous sommes déterminés !)

Affiche du Freeride Bomb Hard la Lombarde

 

(L’affiche que j’ai conçue pour le Bomb Hard Freeride – Image cliquable)

Je vous encourage également à faire votre truc, comme vous l’entendez, seul ou à plusieurs, un truc confidentiel ou de grande ampleur, mais n’hésitez pas à monter des projets, à montrer votre détermination aux officiels et aux habitants de votre ville. Ce ne sera pas parfait, mais ça sera tellement rigolo d’occuper le terrain avec votre board et vos potes, que vous y prendrez surement goût !

Si vous pensiez déjà beaucoup au skate avant, préparez-vous à ce que ça atteigne un stade encore supérieur : vous allez soûler tout votre entourage avec ça, griller votre forfait de téléphone et prendre un abonnement à la Poste, mais à la fin, vous serrez heureux !

Donc, dédicace à ceux qui organisent pour les autres, pour eux ou pour leurs copains, et ceux qui se reconnaîtront dans cet article. D’un point de vue personnel, je n’en suis qu’à mes débuts dans l’organisation, je ne suis pas encore l’étincelle, mais je suis déjà chaud comme la braise.

 

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